Entre rire et larme…"Battons-nous. Cherchons le beau, le vrai. Ayons enfin le courage des larmes. Et révérons la vie. Théodore Monod"

Révérence à la Vie

 
Quoi que fassent ceux qui règnent chez eux par la violence et hors de chez eux par la menace,

Quoi que fassent ceux qui se croient les maîtres des peuples et qui ne sont que les tyrans des consciences,

L’homme qui lutte pour la justice et la vérité trouvera toujours le moyen d’accomplir son devoir tout entier.

Préface aux Châtiments, 1853.    Victor Hugo

 
Nous n’avons pas d’armes, juste des Mots pour défendre la Vie sur Terre…
 
Un extrait du livre Révérence à la Vie de Théodore Monod (Conversations avec Jean-Philippe de Tonnac) (paru en 1999)

Les occasions de nous émouvoir ne manquent pas et pourtant rien ne nous a vraiment touchés

 

**Ni les mises en garde répétées des hommes de science, des intellectuels, des militants de toute conviction à propos de la situation jugée préoccupante où nous ont jeté nos sociétés de consommation et de profit – ces monstres froids que nous servons avec tant de zèle !…"

**Ni les mauvaises nouvelles dont se délectent les quotidiens et qui sont le temps fort du journal de 20 heures, lorsque nous partageons ensemble ce grand festin de souffrance et de morts; ni les menaces qui se rapprochent de nos cités, de nos maisons et bientôt de nos vies et qui nous laissent poursuivre, imperturbables, le même sillon, la même ornière comme les aveugles de Brueghel;

**Ni même le témoignage de ceux qui ont marché sur la terre, aventuriers d’un monde bientôt perdu, et qui répètent à l’envi notre devoir de protéger cette incroyable oasis échappée des ténèbres; ni cette accumulation de faits, de preuves, d’images, de livres qui ajoutent encore et encore au poids de notre indifférence.

Comme un manteau de plomb sur nos épaules.

Pourquoi ne pas tendre la main, donner ce que nous avons en excès, marcher ensemble dans la rue, demander des comptes aux gouvernants, prendre les armes ? Pourquoi laissons-nous faire ? Et pourquoi l’espèce humaine disparaitra-t-elle demain peut-être sans avoir quitté sa chaise, son lit, son ordinateur alors que les Cassandres maculaient partout l’horizon d’un noir épais, poisseux, sans étoiles ?

N’y a-t-il rien à faire et faut-il se résoudre à penser que les français, que les Terriens dans l’ensemble, pour reprendre les morts de De Gaulle, sont des veaux ? Des veaux qui répèteraient après Hiroshima, après Tchernobyl ; "après nous le déluge"!

A cette conclusion, ce petit livre* n’arrivera pas. Avec une lenteur exaspérante, l’homo sapiens s’harmonise et gagne en conscience ce qu’il est sensé perdre en barbarie. Au sortir de la nuit ancestrale, ce primate doué de raison découvre effaré l’étendue des dégâts qu’il a causés, la liste des crimes dont il s’est rendu responsable, la gravité des décisions qu’il a prises et qui hypothèquent son avenir.

 

Et ce spectacle d’un jardin dévasté le bouleverse. Qu’un traitement semblable ait été infligé à cette planète errante au tour de son étoile lui semble relever de la plus absolue méprise. Comment avons-nous pu salir ainsi l’avenir ? Comment me suis-je à mon tour rendu complice de cela? Et cette prise de conscience qui intervient si tard, au moment où nos sociétés sont déjà otages du nucléaire pour les dizaines de milliers d’années prochains, appelle pourtant notre reconnaissance et nos espoirs…."

Théodore Monod et Jean-Philippe de Tonnac

La Terre est un jardin bordé de nuit. Tels des aveugles nous avançons, mais sûrs de nous, fiers, cruels, consommateurs, assoiffés de profit. Modernes ? Que restera-t-il à nos enfants de cette oasis si humaine ? Seront-ils seulement là pour contempler nos méfaits ? Verront-ils, comme nous, les fleurs, le désert, le ciel aux mille étoiles, la vie menacée, la guerre ?

Et nous dit : ne mourrons pas résignés devant nos ordinateurs. Dans le silence. Dans nos lits. Battons-nous. Cherchons le beau, le vrai. Ayons enfin le courage des larmes. Et révérons la vie.

"Le professeur Théodore Monod, membre de l’Institut, avait entamé, à l’âge de 97 ans, une grève de la faim de trois jours à Taverny, dans le Val d’Oise, pour demander l’abolition des armes atomiques. A l’occasion du 54e anniversaire de l’explosion de la première bombe atomique à Hiroshima, l’académicien a rejoint des militants pacifistes, à deux pas de la base militaire de Taverny, haut lieu du nucléaire français.

Pour Théodore Monod, "il est temps de penser à l’avenir de l’homme. Rien qu’en France, avec l’argent du nucléaire, on aurait pu loger tous les sans-abris. L’arme nucléaire, c’est la fin acceptée de l’humanité".

 Théodore Monod faisait partie du "Panthéon" d’Alain Souchon qui lui avait dédié un album "La Vie Théodore" dont est extraite cette chanson : "Et si en plus y’a personne" est une chanson résolument engagée contre toute forme de dictature et de fanatisme.

      

Alain Souchon – Et si en plus ya personne
envoyé par rycko35. – Regardez plus de clips, en HD !

Théodore André Monod, né le 9 avril 1902 à Rouen et mort le 22 novembre 2000 à Versailles, est un scientifique naturaliste, explorateur, érudit et humaniste français. Il est « le grand spécialiste français des déserts », « l’un des plus grands spécialistes du Sahara au XXe siècle » et « bon nombre de ses 1 200 publications sont considérées comme des œuvres de référence »[1]. Blason de Théodore Monod

Pour Jean Dorst, Théodore Monod « a été bien plus qu’un savant naturaliste à la curiosité toujours en éveil. C’était un humaniste au vrai sens du terme, un penseur, un philosophe et un théologien »[2]

Blason de Théodore Monod avec les symboles/Oratoire du musée du Louvre

http://fr.wikipedia.org/

http://membres.lycos.fr/santiana/monod.html http://www.routard.com/mag_dossiers/id_dm/13/ordre/3.htm    – http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9odore_Monod    –    http://www.canalacademie.com/La-Societe-des-Africanistes.html  

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6 Réponses

  1. Jazzy

    Merci Eva pour cet excellent billet, une ode à notre terre que n\’écoute – t – on pas les paroles des philosophes Jean Dorst a parfaitement raison la curiosité de ce savant lui a ouvert les portes d\’une réelle sagesse et quand Alain Souchon s\’appuie sur sa philosophie ceux qui nous gouvernent feraient bien d\’enlever les boules Q….s qu\’ils ont dans les oreilles depuis beaucoup trop longtemps . " Révérence à la vie " comment peut on rester insensible à tout ce qui vibre tant dans cet ouvrage ?Bonne journée Eva Bisous

    3 septembre 2009 à 9 h 51 min

  2. joe ailes

    une chanson qui m\’a beaucoup plus, oui si en plus il n\’y a personne! les hommes se seraient entretués pour une utopie! de tout façon, même s\’il y a qualqu\’un, toutes les religions nous le décrivent comme un être de lumière, bienveillant, et pacifiste, pourquoi tuer en son nom quel qu\’il soit? je me suis toujours posée la question! la religion a toujours servi les puissants plus que les faibles! et ces puissants s\’ils ne rspectent déjà pas les humains, comment pourraient-ils respecter le monde animal ou la planète dans son essemble?moi, tout ce que je demande c\’est de vivre en harmonie avec moi-même, avec les autres et tout ce qui se trouve sur cette planète, rien de plus!bonne journée,bisousjoe

    3 septembre 2009 à 10 h 05 min

  3. SOlène

    Ah mais, j\’ai beau être très matinale, voilà un billet qui me touche bcp, et me plonge en pleine réflexion. Et, en plus, en lisant tes centres d\’intérêt sur ton profil, je me suis trouvé des points communs avec toi…Voilà, je remonte sur Paris, mais je ne voulais pas laisser passer cette journée sans venir te remercier pour ton passage et ton commentaire qui m\’a bien plu sur le blabla. Aussi, nous sommes vendredi, alors je souhaite un bon week-en et te dis @ très bientôt ! Dès que possible, en fait.SOlène

    4 septembre 2009 à 4 h 59 min

  4. joanna12

    Voilà un billet qui fait réflechir, beau et touchant! c\’est rare, et ta recherche pour ce billet est précieuse!merci pour cette lecture, pour moi bien matinale !!bise, jo

    6 septembre 2009 à 9 h 23 min

  5. Eva

    Non je ne me transforme pas en programme TV! mais en cas pour ceux ou celles qui aimeraient….: Retour sur les deux dernières expéditions de Théodore Monod, en 1996 et 1997 au Tibesti, bon c\’est très tard….vendredi 25 septembreHoraire : 00:10 – Durée : 55 min Réalisateur : Maximilien Dauber

    24 septembre 2009 à 20 h 31 min

  6. Loup-Blanc

    Merci pour ce joli billet très instructif…Bonne soirée, Biz @+

    24 septembre 2009 à 21 h 24 min

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